Thomas Struth habitus et photographie

Thomas Struth, perce-muraille de la banalité moderne

Le travail de Thomas Struth est très marqué par sa formation initiale. De Gerhard Richter il retient, dans la droite ligne du minimalisme et de l’art conceptuel, la volonté de se déprendre de toute subjectivité, en tentant de maintenir une approche analytique du sujet compris comme un objet formel du médium utilisé. Le référent est d’une certaine manière détaché du réel et absorbé et « digéré » par le « milieu » du moyen de représentation.

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Quant à sa filiation avec Bernd et Hilla Becher elle est évidente. Les Becher ont entrepris un travail documentaire strict du patrimoine industriel de la fin du 19° et 20° siècles. Ils procédaient suivant une méthodologie rigoureuse se caractérisant par la frontalité, une lumière étale, un niveau de détail très poussé, l’absence de toute figure humaine et le travail en série.

Thomas Struth respecte ces deux voies particulièrement fécondes dans l’art contemporain, tout spécialement concernant la photographie dite objective à laquelle sont apparentés : Thomas Ruff, Candida Höfer, Andreas Gursky, Thomas Demand, etc. En outre, cette démarche est à rapprocher de la Nouvelle Objectivité qui donna en Allemagne ses lettres de noblesse à la photographie auparavant ravalée au rang de pâle copie de la peinture ou de piètre moyen de documentation anecdotique.

Thomas Struth se démarque des autres photographes de l’Ecole de Düsseldorf par les sujets abordés, sinon par la méthode ou le « style » neutre, distancié et froid partagé par l’ensemble des artistes associés au mouvement de la photographie objective. Le photographe allemand a tout d’abord produit des séries sur des rues anodines, sans caractère pittoresque ou anecdotique, mais alors que Gursky se distancie en montrant l’homme depuis son appartenance à l’espèce, au groupe, Thomas Struth se met à hauteur d’homme même lorsqu’il photographie des rues désertes. Le travail du photographe a ensuite évolué vers de nombreux sujets souvent peuplés de groupes humains réduits ou tout du moins montrant l’activité humaine dans les registres de la société des loisirs, y compris culturels (la série sur les grands musées populaires), de l’activité industrielle, principalement High Tech, mais aussi en exécutant des portraits de famille acérés, voire acerbes, révélant l'appartenance sociale[...]

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Thomas Struth, oeuvres (sélection)

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